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Allez José ;-)


Entre deux coups de fourchette et un verre de rouge, le leader altermondialiste lance des piques à tous les candidats, de droite à gauche en s’attardant particulièrement au centre. Il n’hésite pas à fustiger François Bayrou, “la Bernadette Soubirous des médias”. Et en matière d’écologie, comme il le dit si bien lui-même : “Contrairement à Nicolas Hulot qui ne fâche personne, moi j’emmerde tout le monde !”

Rêvons les amis… Et si c’était possible ???

Après les managers, les leaders :

« L’ensemble des causes d’un phénomène est inaccessible à l’intelligence humaine, mais le besoin de rechercher ces causes est inscrit dans l’âme de l’homme, écrivait Tolstoï. Et l’intelligence, étant incapable de saisir la multiplicité et la complexité des conditions d’un phénomène, dont chacune peut paraître la cause, s’empare de la plus proche, de la plus facile à comprendre, et déclare : voilà la cause. »

Dans le cas des évènements historiques, cette cause est souvent attribuée au pouvoir des personnages historiques, parfois au pouvoir des businessmen, aujourd’hui souvent des médias. Mais avec l’apparition des héros anonymes, des héros citoyens, le pouvoir se dilue entre toutes les mains. Il n’appartient à personne, il appartient à tous, il appartient aux réseaux. En fait, deux visions du monde s’opposent.

1) – La vision classique imagine l’histoire comme un phénomène relativement simple, une succession de causes et d’effets, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets. Les grands hommes seraient alors capables d’appréhender les rouages historiques et d’agir sur eux pour que l’avenir se conforme à leurs désirs.
2) – La vision tolstoïenne imagine que le pouvoir se distribue entre TOUS les hommes libres. Cette histoire décentralisée, distribuée, n’est l’œuvre de personne en particulier mais de chacun de nous. Personne n’a le pouvoir de changer le monde. Ensemble nous détenons tous les pouvoirs.

Pour porter ces deux visions, il y a d’un côté les politiciens que j’appelle les managers, de l’autre côté ceux que j’appelle les leaders.

Les managers font penser à Napoléon, qui voulut contrôler, qui crut y parvenir et qui persuada les historiens qu’il y était arrivé. Le manager est convaincu qu’il sait ce qui est bon pour les citoyens, il croit avoir la solution, il pense pouvoir améliorer les choses. En quelque sorte, le manager est un paternaliste.
Le leader, lui, avoue ne pas tout savoir. Il n’a pas de réponse a priori. Il espère que les citoyens trouveront les solutions en usant de leur imagination et de leur liberté. Le leader ne contrôle pas, il se moque du pouvoir des managers. Il motive, il donne le cap, il ne dit pas comment atteindre la destination qu’il estime la meilleure.

Durant la campagne de Russie, le général Koutouzov se comporta en leader. Il laissa le peuple russe répondre à ses aspirations. Il ne le dirigea pas, il ne commanda pas l’armée, il ne fit que lui suggérer « patience et longueur de temps ». Le peuple russe se sauva lui-même. Koutouzov laissa faire, en leader de la liberté. Il se contenta de donner le la et d’indiquer la direction.

« Ce n’est qu’en prenant pour objet de nos investigations une unité infinitésimale, la différentielle de l’histoire, c’est à dire les tendances, les aspirations communes des hommes, et en apprenant à l’intégrer, c’est à dire à faire la somme des ces unités infinitésimales, c’est alors seulement que nous pourrons espérer connaître les lois de l’histoire, écrivait Tolstoï. »

D’une certaine façon, il avait pressenti la théorie des réseaux et compris que chacun des liens contribuait à l’ensemble : tous avaient une importance infime mais capitale. Dans ce réseau, les éléments les plus visibles n’étaient pas nécessairement les plus importants ; ces derniers, personne n’avait la prétention d’en parler. Les gens agissaient, c’était ça qui comptait.

« La majorité des gens de cette époque (durant les guerres napoléoniennes en Russie) ne prêtait aucune attention à la marche générale des évènements, étant uniquement préoccupée de leurs intérêts particuliers, précisa Tolstoï. Et c’est précisément l’activité de ces gens-là qui s’avéra la plus efficace. »

Les politiciens disposent alors de deux tactiques.
1/ Ils imitent Napoléon et deviennent des managers. Pour contrôler le réseau des citoyens, ils doivent en réduire la complexité par des lois répressives. Au cours de l’histoire, cette approche a démontré son efficacité. Je ne sais pas si elle est souhaitable à une époque où de graves problèmes tel les problèmes environnementaux, nous menacent. Il serait dangereux de nous faire croire que quelqu’un connaît des solutions miracles. Nous avons, il me semble, besoin de l’intelligence de tous.
2/ Ils imitent Koutouzov. Plutôt que de manager la complexité par nature incontrôlable, ils deviennent des leaders et incitent les citoyens à aller de l’avant comme les judokas, ils utilisent la force du cinquième pouvoir et ne cherchent pas à la combattre. Ils se transforment, au sens positif, en gentils organisateurs. Leur travail consiste à créer du lien, de l’harmonie au sein d’un groupe hétérogène. Ils doivent insuffler de l’enthousiasme, de l’envie, et ne jamais chercher à tout contrôler, à tout manager. Dans ce cas, ils briseraient l’élan général et empêcheraient l’intelligence collective de fonctionner.

Un leader donne du sens à la vie de tous les citoyens, il leur ouvre des perspectives de bonheur, il leur montre la route. C’est un visionnaire. Il les rassemble derrière un rêve pour l’avenir tout en les laissant découvrir les moyens de le concrétiser.
Et si, en chemin, le rêve s’avère inaccessible, il faut accepter d’en changer. Personne ne peut prévoir l’avenir mais le leader sait que si les citoyens cessent de l’imaginer, la vie perd beaucoup d’attrait.

Sources : Thierry Crouzet « Le cinquième Pouvoir » pages 152 – 155.

- Bové n’est pas un manager, mais un leader, ce qui laisse pas mal d’ouverture ! Merci à Karl, pour avoir posé mes questions. Excellente émission, peut être la meilleure… Bravo à toute l’équipe ! Amitiés à vous toutes et à vous tous ;-)

Comparez le programme des candidats pour la présidentielle de 2007 en ligne du journal : le monde.